Vancouver Courier - L'état des sols dans le monde se dégrade et les solutions restent ignorées, selon un rapport de l'Onu

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L'état des sols dans le monde se dégrade et les solutions restent ignorées, selon un rapport de l'Onu
L'état des sols dans le monde se dégrade et les solutions restent ignorées, selon un rapport de l'Onu / Photo: © AFP/Archives

L'état des sols dans le monde se dégrade et les solutions restent ignorées, selon un rapport de l'Onu

L'état des sols dans le monde se dégrade à une vitesse "alarmante" et les solutions existantes sont encore peu appliquées, alors que la quasi-totalité de l'alimentation mondiale en dépend, souligne un rapport publié jeudi par l'ONU, qui voit toutefois des signes d'"espoir" pour inverser la tendance.

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Les sols sont à l'origine de "95% de notre production alimentaire", rappelle ce rapport sur "L'état des ressources en sols du monde", dont la deuxième édition a été présentée par l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) lors de la Convention sur la lutte contre la désertification organisée à Oulan-Bator jusqu'à vendredi.

Depuis la parution du premier rapport en 2015, 800 millions de bouches à nourrir se sont rajoutées à la population mondiale, et une superficie équivalente à celle de la France et l'Allemagne cumulées a été transformée en terres agricoles. Cela a contribué à "aggraver la pression sur les sols", constate le Groupe technique intergouvernemental sur les sols (ITPS), panel d'experts scientifiques de la FAO.

Leurs conclusions sont "à la fois sombres et motivantes": si "la dégradation des sols continue de s'accélérer à une vitesse alarmante", la science a appris davantage et des pratiques efficaces se répandent.

L'érosion est la menace la plus importante: dans 81% des cas étudiés, l'érosion est mal, voire très mal gérée, et la situation a empiré dans 65%. Avec à la clef des risques accrus d'inondations et sécheresses.

"Mais il y a de l'espoir", tempèrent les experts, assurant que "grâce à des politiques éclairées, des mesures incitatives ciblées, la mise en œuvre de pratiques durables de gestion des sols, nous pouvons inverser la tendance à la dégradation, restaurer les fonctions des sols, et sauvegarder leurs apports aux générations futures".

Parmi les solutions "ayant fait leurs preuves", le rapport évoque le travail réduit du sol (le labour, bien que pratique ancienne, détruisant la vie organique), la diversification des cultures, ou encore un usage mixte d'engrais organiques et inorganiques pour maintenir la fertilité.

Or depuis 2015, les scientifiques ont constaté une amélioration des pratiques dans seulement 10% des cas étudiés.

"Le défi est d'accélérer l'adoption (de ces pratiques) au rythme adéquat", prévient la FAO dans un communiqué.

Il n'existe pour autant "pas de solution passe-partout" et la gestion des sols doit s'adapter aux conditions spécifiques de chaque région. Là où les régions arides et côtières sont plus exposées à l'accumulation de sels dans les sols, les terres agricoles et proches des zones urbaines souffrent davantage de pollutions.

La dégradation des terres est entre autres le fruit de facteurs naturels, mais les activités humaines comme la déforestation et les pratiques agricoles non durables y contribuent de plus en plus, notait en novembre la FAO.

La perte de rendement liées à la dégradation des terres concerne environ 1,7 milliard de personnes, notamment en Asie du Sud et de l'Est, soulignait alors l'organisation.

En France, 75% des terres sont dégradées, d'après le ministère de la Transition écologique.

X.Baker--VC