Macron propose plusieurs initiatives à Trump face à l'envolée des prix du pétrole
Iran, mer Rouge, Ukraine : Emmanuel Macron a proposé plusieurs initiatives lundi à Donald Trump pour tenter d'enrayer l'envolée des prix du pétrole, dont une résolution à l'ONU visant à débloquer le détroit d'Ormuz et la protection de sites pétroliers saoudiens contre les attaques des rebelles Houthis.
Le président français s'est entretenu avec son homologue américain dès son arrivée à New York pour l'Assemblée générale des Nations unies, une discussion qu'il a qualifiée de "très constructive".
Il a fait état à la sortie d'une "volonté de rouvrir Ormuz", par lequel transite 20% du commercial mondial d'hydrocarbures, et de "libérer des volumes".
La France veut "travailler avec les Américains et ses partenaires sur une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU garantissant la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz", a ensuite précisé une source diplomatique.
Des Etats-membres de l'ONU pourraient ainsi participer à la sécurisation du trafic maritime dans le détroit, afin de permettre à Washington et Téhéran de poursuivre leurs discussions sur les autres sujets de contentieux, notamment le programme nucléaire iranien.
- Moratoire sur les frappes -
La France est aussi prête à œuvrer à la "sécurisation" d'infrastructures énergétiques saoudiennes visées par les Houthis, dans une "approche strictement défensive", a précisé la source diplomatique citée.
Pourraient ainsi être protégés la ville portuaire de Yanbu, sur la mer Rouge, et l'oléoduc Est-Ouest, voie d'exportation cruciale pour le brut saoudien.
Les combattants pro-iraniens houthis ont mené des attaques contre des installations du géant pétrolier saoudien Aramco à Yanbu. L'oléoduc est aussi à l'arrêt après des attaques de drones venues d'Irak selon Ryad.
"Il ne s'agit aucunement de prendre part au conflit avec les Houthis", a toutefois insisté cette source, alors que les rebelles ont pris le contrôle d'une autre voie stratégique, le détroit de Bab el-Mandeb.
Emmanuel Macron a aussi précisé avoir eu une longue discussion avec le président américain sur "la nécessité d'aider encore plus vite et plus fort nos amis ukrainiens en termes de (missiles) intercepteurs".
Le président français, qui devait s'entretenir dans la soirée avec son homologue ukrainien Volodmyr Zelensky, a aussi évoqué des "initiatives" qui pourraient être prises "pour trouver un moratoire sur les questions énergétiques".
- "En toute franchise" -
"On voit bien qu'aujourd'hui il faut aider le système énergétique ukrainien et la situation dans toute la région", a-t-il souligné, sans préciser si ce moratoire concernerait aussi les frappes ukrainiennes contre des infrastuctures énergétiques russes.
Donald Trump a estimé sur les réseaux sociaux lundi que la Russie avait "perdu le contrôle de son industrie du gazole en raison de sa guerre avec l'Ukraine". "Cette guerre ridicule et sans fin avec l’Ukraine doit être arrêtée", a-t-il martelé sur X.
L'entretien entre les deux hommes a duré environ une demi-heure dans la Trump Tower sur la Cinquième avenue. Le président américain a aussi tenu à recevoir son hôte dans son appartement, selon un participant.
Avant la rencontre, Emmanuel Macron avait promis de parler "en toute franchise" à Donald Trump pour essayer de "l'orienter vers les bonnes décisions" concernant en particulier de l'Ukraine.
Il s'agissait notamment pour la partie française de tenter de convaincre son homologue américain de "maintenir l'effort de soutien à l'Ukraine" et de "renforcer la pression à exercer sur la Russie".
Les Européens demandent aux Etats-Unis de rester pleinement engagés dans un règlement du conflit entre Russes et Ukrainiens. Ils souhaitent aussi être associés aux négociations, notamment sur l'architecture de sécurité future du continent européen.
Les émissaires de Donald Trump, Jared Kushner et Steve Witkoff, se sont rendus pour la première fois à Kiev en septembre pour relancer la médiation américaine dans ce conflit le plus meurtrier en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.
Mais les cycles de négociations tripartites précédents n'ont pas abouti à des avancées concrètes.
B.Mitchell--VC