Vancouver Courier - Loukachenko sera toujours une menace pour l'Ukraine, selon l'opposante bélarusse Tikhanovskaïa

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Loukachenko sera toujours une menace pour l'Ukraine, selon l'opposante bélarusse Tikhanovskaïa
Loukachenko sera toujours une menace pour l'Ukraine, selon l'opposante bélarusse Tikhanovskaïa / Photo: © AFP

Loukachenko sera toujours une menace pour l'Ukraine, selon l'opposante bélarusse Tikhanovskaïa

L'opposante bélarusse en exil Svetlana Tikhanovskaïa estime, dans un entretien à l'AFP, que le Bélarus restera une menace pour l'Ukraine tant que le président Alexandre Loukachenko sera au pouvoir.

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Depuis des mois, Kiev met en garde le Bélarus contre un engagement plus poussé dans la guerre. L'Ukraine souligne l'intensification des attaques de la Russie contre le nord du pays et affirme que des préparatifs militaires se poursuivent du côté bélarusse de la frontière.

Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 1994, a autorisé Moscou à lancer son invasion à grande échelle contre l'Ukraine en 2022, en partie depuis son territoire.

"Tant que Loukachenko s'enrichira du sang des Ukrainiens en aidant la machine de guerre russe, il restera toujours un danger pour l'Ukraine", a dit à l'AFP Mme Tikhanovskaïa, la meneuse de l'opposition bélarusse en exil.

S'exprimant en marge d'une conférence sur la reconstruction en Ukraine qui se tenait jeudi et vendredi dans la ville portuaire polonaise de Gdansk, elle a affirmé qu'Alexandre Loukachenko est "tout aussi coupable" que le président russe Vladimir Poutine dans le pire conflit en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.

Le Bélarus de M. Loukachenko est dépendant du Kremlin économiquement et politiquement et abrite des armes nucléaires russes sur son territoire.

Mme Tikhanovskaïa a défié le président Loukachenko lors de l'élection de 2020, et sa défaite a déclenché des manifestations de masse, ainsi qu'une répression brutale menée par les services de sécurité contre ses partisans.

- Se préparer au changement -

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré cette semaine que le Bélarus avait désactivé les répéteurs de signal qui aident à guider les drones d'attaque russes, après une menace de Kiev.

Et M. Loukachenko s'est employé à apaiser les tensions, affirmant lors d'une réunion télévisée avec des responsables qu'il avait rencontré un représentant ukrainien à Minsk et que le Bélarus ne serait pas entraîné dans la guerre.

Selon Mme Tikhanovskaïa, le président bélarusse a bien "fait un pas en arrière", mais il n'aurait pas pu le faire sans le feu vert du Kremlin.

"S'ils ont été désactivés, cela signifie que la Russie a donné son accord", a-t-elle déclaré à l'AFP, en disant qu'il n'aurait pas pu agir contre Moscou. "Il ne ferait jamais ça, ne nous faisons pas d'illusions", a déclaré Mme Tikhanovskaïa, à la suite d'une récente visite à Kiev.

L'opposante a également dit espérer que les négociations, menées par les Etats-Unis pour permettre la libération de plus de prisonniers politiques du Bélarus, allaient continuer.

Des centaines d'entre eux ont été remis en liberté après des négociations encouragées par le président américain Donald Trump depuis son retour à la Maison Blanche, en échange de levées de sanctions.

Mais le groupe de défense des droits humains Viasna recense encore 852 prisonniers politiques encore derrière les barreaux en Biélorussie.

Selon Mme Tikhanovskaïa le véritable chiffre est probablement plus élevé, car "certaines personnes ont peur et ne donnent pas l'information que leurs proches sont en prison pour des affaires politiques".

L'opposante bélarusse s'est dite particulièrement inquiète pour les mères détenues, ainsi que pour les prisonniers politiques âgés et malades.

A Gdansk, elle a également rencontré l'ancien président polonais Lech Walesa, qui a dirigé le mouvement Solidarność dans les années 1980, lequel a conduit à la chute du régime communiste à Varsovie.

Mme Tikhanovskaïa a dit avoir discuté avec M. Walesa de la façon de "se préparer" à un changement au Bélarus qui pourrait survenir de façon "inattendue"

La responsable de l'opposition a passé des années à solliciter du soutien dans les pays occidentaux pour un Bélarus démocratique.

"Aucune guerre ni aucune révolution ne peut être gagnée si l'on n'a pas d'alliés", a-t-elle assuré.

G.Jackson--VC