Vancouver Courier - Des dirigeants constatent à Tuvalu les ravages du changement climatique

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Des dirigeants constatent à Tuvalu les ravages du changement climatique

Des dirigeants constatent à Tuvalu les ravages du changement climatique

Une dizaine de dirigeants, issus pour la plupart d'Etats du Pacifique, se sont rendus mardi à Tuvalu, un archipel d'Océanie, pour constater la disparition d'un écosystème foisonnant en raison du changement climatique.

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Ce déplacement a été organisé en marge de la réunion préparatoire au sommet de la COP31 qui se tient aux îles Fidji jusqu'à jeudi, et met le projecteur sur les effets concrets du changement climatique dans le Pacifique.

Entre la montée des eaux, qui met en péril les habitations, et l'augmentation des températures, qui provoque le blanchissement des coraux, le Pacifique compte parmi les régions les plus touchées par le réchauffement climatique.

Tuvalu prépare déjà le déplacement de ses quelque 10.600 habitants, au cas où le pays serait englouti par l'océan.

"L'objectif de cet événement (...) est que vous, dirigeants, puissiez expérimenter et ressentir de première main le changement climatique, en étant en première ligne des impacts du changement climatique", a déclaré le Premier ministre de Tuvalu, Feleti Teo.

Mais un petit nombre de dirigeants seulement, parmi lesquels le Premier ministre australien Anthony Albanese, ont fait le déplacement de quelques heures dans l'archipel corallien.

A Funafuti, capitale de Tuvalu, des centaines de personnes vêtues de costumes traditionnels, coiffées de couronnes de fleurs se sont rassemblées pour accueillir les responsables, accompagnés d'une petite délégation de journalistes, dont l'AFP.

Le groupe a visité le projet d'adaptation côtière de Tuvalu, un chantier visant à atténuer l'impact de l'élévation du niveau de la mer puis a tenu un dialogue avec des habitants.

"Nos communautés ne demandent pas la charité", a souligné Sitiveni Rabuka, le Premier ministre de Fidji, co-hôte de la réunion.

"Elles demandent un système qui puisse offrir, avec une rapidité suffisante, une protection en pleine aggravation de la crise climatique", a-t-il déclaré. "C'est un défi mondial que nous devons relever".

L'Australie a pris un rôle de premier plan dans la réunion préparant la COP31, mais Anthony Albanese s'est attiré mardi les critiques d'un conseiller du gouvernement de Tuvalu l'accusant de manque de respect et estimant que l'Australie avait outrepassé son rôle au cours de la visite à Tuvalu.

"Ce n’est pas parce que nous avons signé le traité qu'ils peuvent prendre le contrôle de notre pays et de notre souveraineté", a déclaré le conseiller à l'AFP sous couvert d'anonymat. "C'est comme ça que c'est ressenti".

L'Australie et Tuvalu ont signé en 2023 l'Union Falepili, un traité bilatéral sans précédent qui associe la gestion du changement climatique, la mobilité humaine et la sécurité, et qui a débouché notamment sur une nouvelle catégorie de visa australien pour les habitants de l'archipel menacé de submersion.

Les discussions de la pré-COP doivent préparer le terrain pour la COP31, la grande conférence mondiale sur le climat sous l'égide de l'ONU, prévue en novembre à Antalya, en Turquie.

- "Tout est mort" -

La priorité pour les dirigeants des Etats du Pacifique est de maintenir l'objectif de 1,5°C et de souligner l'impact des hausses des températures sur les océans.

Le point culminant de la capitale de Tuvalu, Funafuti, ne se trouve qu'à environ deux mètres au-dessus du niveau de la mer.

Deux des neuf îles de Tuvalu sont déjà en grande partie submergées et une vague de chaleur marine survenue en 2024 a détruit environ 99,9% des coraux.

"On peut nager pendant des heures et des heures le long d'un récif dans le lagon, et on ne voit que des squelettes (de coraux NDLR), les uns après les autres. Tout est mort", a décrit le biologiste marin Austin Bowden-Kerby, qui s'est rendu à Tuvalu l'an dernier pour documenter les dégâts.

"Le système même qui a créé ces îles a disparu. Ce n'était pas la pollution. Ce n'était pas la surpêche. C'est simplement une conséquence directe du changement climatique", a-t-il ajouté.

Rajneel Singh, un scientifique exerçant sur place, a déclaré à l'AFP que le changement climatique avait déjà un impact sur les ressources alimentaires de la population de Tuvalu.

H.Miller--VC