Patinage: Cizeron et Fournier Beaudry rempilent, cap sur les JO-2030
"Pourquoi arrêter?" Les patineurs Guillaume Cizeron et Laurence Fournier Beaudry, champions olympiques à Milan il y a quatre mois, ont annoncé vendredi poursuivre leur association avec l'ambition de viser les JO-2030 dans les Alpes françaises.
"On s'est octroyé le luxe de réfléchir un peu. Je crois qu'on a encore des choses à vivre sur la glace en compétition, donc on se relance dans un nouveau challenge", a expliqué Guillaume Cizeron aux côtés de sa partenaire lors d'une visio avec l'AFP et L'Equipe.
Fin mars, Cizeron et Fournier Beaudry avaient clôturé leur première saison ensemble avec un titre mondial, atteignant tous leurs objectifs en un temps record.
Les deux patineurs avaient alors laissé planer un doute quant à la suite qu'ils souhaitaient donner à leur carrière. Mais après réflexion, ils ont donc estimé avoir encore des choses à explorer en compétition.
"On voulait vraiment réfléchir à la raison qui nous ferait continuer, et on avait la curiosité de poursuivre ce qu'on avait commencé", a expliqué Laurence Fournier Beaudry. "On a touché à quelque chose, mais on n'a pas eu le temps de le développer à 100%."
- "Se sentir avancer" -
"En cherchant une raison de continuer, on a fini par se poser la question de pourquoi arrêter", a poursuivi Cizeron. "Et vu qu'il n'y avait pas vraiment de bonne raison d'arrêter maintenant, on continue."
Porté par une ambition artistique toujours plus poussée, le duo a donc décidé de poursuivre l'aventure et commence déjà à imaginer les programmes qu'ils présenteront l'année prochaine.
"Il y a des journées où on a des bonnes idées, d'autres journées où on se perd...", a développé la patineuse de 33 ans. "On y va un peu au jour le jour, on se laisse un peu emporter par ce dont on a envie, ce qu'on découvre, ce qu'on crée. Mais on en est vraiment encore au tout début."
La saison dernière, les deux amis avaient déjà placé la barre haut avec deux programmes particulièrement ambitieux: un voguing exigeant pour la danse rythmique et une plongée intime dans un univers poétique pour la danse libre qui avait donné lieu à plusieurs moments de grâce.
Et c'est désormais le plaisir de créer et de toucher le public qui les anime. "Plus on avance, plus il y a une exigence qui est haute par rapport à ce qu'on a envie de délivrer", a développé Cizeron.
"Et c'est ça qui est le plus difficile, c'est qu'il faut vraiment aller chercher l'approche et les mouvements qui font en sorte qu'on se sent avancer vers quelque chose qu'on n'a pas encore fait."
- "Année après année" -
"Cela prend des heures, ça prend de la recherche chorégraphique, mais on y vient... Là, on vient à peine de décider qu'on continuait, donc on commence à un peu débattre lucidement d'idées, de directions, de programmes. C'est toute une gestation."
Le Clermontois avait déjà remporté cinq titres mondiaux et une couronne olympique aux JO de Pékin avec sa précédente partenaire, Gabriella Papadakis. Mais le duo avait fini par se séparer dans la douleur fin 2024, Papadakis accusant Cizeron d'avoir exercé sur elle une forme d'emprise psychologique au cours de leur carrière commune.
A la surprise générale, Cizeron avait annoncé quelques semaines plus tard reprendre la compétition avec la Canadienne naturalisée française Laurence Fournier Beaudry, avec les JO-2026 dans le viseur.
Ils voient désormais plus loin et envisagent "évidemment" les prochains Jeux olympiques, qui auront lieu dans les Alpes françaises dans quatre ans. "On avance année après année mais le fait que les Jeux soient en France, c'est certain que ça nous inspire et ça nous titille. Le timing est quand même sympa", a déclaré en souriant le patineur de 31 ans.
H.Miller--VC